Le bon docteur

Publié le par club rando

Exercer la médecine est un art délicat. Le praticien doit savoir interpeller les explications du patient, identifier les symptômes et proposer un traitement adapté. Le médecin s’efforce généralement d’apprécier l’environnement du malade, ses antécédents et sa personnalité. Il cherche à poser un diagnostic avec si possible patience et empathie. Dans l’absolu, le bon docteur est celui qui guérit. Dans la réalité, c’est celui qui convient au patient.

Le restaurateur du charmant village de Saint-Martin-la-Garenne a compris que la cuisine détient les mêmes valeurs symboliques que la médecine. Elle nourrit le corps mais entretient l’âme. Usant de cette analogie, l’aubergiste n’a pas hésité à dénommer son établissement « Au bon docteur ». Quand il sert des plats de qualité, il sait qu’il offre en fait des nutriments, du patrimoine et bien sûr du soin.

Le bon docteur
Le bon docteur

Fabien est ravi de l’effet produit chez ses 24 commensaux lors de cette halte déjeuner. Plus tôt, ce matin du 13 mars, il les a réunis pour leur proposer son projet de retour aux grands espaces. Finies les balades urbaines du début de l’année. La nature doit cesser de devenir étrangère. Les marcheurs ont besoin de retrouver au plus vite son intimité.

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Le guide du jour a la voix douce et le sourire convainquant. Il explique en peu de mots son circuit construit au départ de l’église de Follainville (78520). Fabien sait que les phrases, une fois prononcées, disparaissent et s’évanouissent sans laisser la moindre trace. La parole a seulement besoin d’oreilles pour être entendue. Il est donc temps de se taire. Le mieux est de le suivre.

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Le nom de Follainville pourrait provenir du latin «folium» qui veut dire feuille et désignerait donc un domaine de feuillus. Pourquoi pas puisque la moitié du territoire de la commune est encore aujourd’hui recouverte de bois. La balade du jour va s’inscrire en majorité sous le couvert forestier. Elle commence en forêt de Beauval, qui paraît bien entretenue. Mais çà et là, dans un chaos de branches déchirées, quelques troncs de grands arbres vaincus par les tempêtes gisent couchés sur le côté. Les champignons les investiront dès l’automne. Plus tard peut-être, ils seront creusés pour laisser place à une cavité qui servira de tanière. L’arbre mort deviendra source de vie.

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Dans cette zone limite entre Yvelines et Val d’Oise, le paysage s’installe dans une agréable monotonie avec une alternance d’espaces boisés et d’espaces ouverts. Le rythme de la marche s’inspire de la douceur ambiante. C’est presque de la paresse active où il n’y a qu’à mettre un pied devant l’autre et bien sûr satisfaire le besoin élémentaire de bavardage.

«Je suis revenu marcher, j’avais besoin de me laver la tête». Ce n’est pas toujours évident de reconnaître avoir subi une épreuve. Alain a le courage tranquille de celui qui l’a dominée. Il est heureux de retrouver le groupe. Il apprécie de pouvoir écouter le souffle de celui qui le précède dans la communion du parcours. La reprise de la marche lui apporte le dérivatif attendu. Le passé est oublié, le présent est au futur.

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Curieusement, bien que l’on ne soit que début mars, l’hiver semble avoir disparu et laissé place aux prémices d’un printemps plein d’énergie. Où est-il passé ? A-t-il été victime d’un accident de ski et maintenu au grand repos ? Se prépare-t- il à revenir au moment où on pensera l’avoir oublié ? Quoi qu’il en soit le temps paraît survitaminé et il serait bon de remettre l’hiver à l’endroit !

Juste au-dessus de Vétheuil, la courbe de la Seine prend de l’ampleur pour annoncer la solennité du site de la-Roche-Guyon qui s’aperçoit tout au loin. Les chicots crayeux de la falaise se détachent comme des sentinelles qui veilleraient sur le cours du fleuve. A mi-parcours, le chemin qui descend vers Saint-Martin-la-Garenne traverse un étonnant environnement de pins et d’épineux, dû à la particularité de son sol glaiseux.

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La petite grimpette dans le bois du Coudray révèle les différences de style. Pour certains la forme du moment permet une progression aisée et régulière qui n’exclut pas la conversation avec un partenaire. Pour d’autres, à la recherche d’une aisance respiratoire, le rythme s’avère plus lent, coupé de courtes haltes récupératrices. Pour tous cependant, le sommet de la côte procure la sensualité d’avoir senti son corps répondre à l’effort. Ce n’est pas la difficulté qui apporte le plaisir, c’est la conscience de l’avoir surmontée.

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Dans dix jours, ce seront les élections départementales. A côté du point de dislocation, les affiches électorales, qu’elles soient de droite, de gauche ou d’ailleurs, fleurissent devant la mairie de Follainville. Le sourire des candidats paraît encore plus figé, car pour la première fois, ils posent en couple. Les affiches diffèrent par leur décor, le regard ou la posture des candidats. Pratiquement aucune par leur message, aussi curieusement absent que le nom ou le logo des partis institués. Comme de bons docteurs, tous ces candidats sont en principe pétris de bonne volonté et cherchent à offrir un monde meilleur à leurs administrés. Pourquoi donc refuser de leur dire ?

Le bon docteur

Follainville-Dennemont, le Gr 2 par le bois Gassot, le Gr 11 par le bois de Beauval, la plaine des 6 arpents, la ferme écologique de Vaulézard, le bois du Chesnay, St-Martin –la-G., la croix Maurice, le centre équestre du Coudray, Follainville par la vallée des fontenelles

Le parcours

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