Osez Joséphine

Publié le par club rando

A 9h30, l’avenue Albert I° en face de la gare a retrouvé son visage habituel. Le flot des voyageurs qui emprunte la passerelle du RER s’est maintenant considérablement tari. Des cyclistes se faufilent sans crainte dans l’avenue. Seuls quelques scooters troublent la tranquillité en démarrant dans un vrombissement bruyant. Les randonneurs se sont installés bien au chaud au fond du café, juste à côté d’adolescents affairés à l’envoi de textos. Francis, le local du jour, donne le temps du départ. Les vingt-huit présents s’ébrouent puis s’élancent, tout heureux de partir marcher en flâneur, à contre-courant.

Osez Joséphine

Devant eux, un joggeur court en pleine ville de Rueil-Malmaison, sans trop d’effort apparent. Il ne ressent pas la fine humidité qui crachote du ciel tourmenté. Il disparaît bien vite de la vue mais sa silhouette anonyme a donné la direction à suivre, vers le parc et la forêt de Malmaison. La ville de Rueil depuis toujours à soigné son environnement. Elle tient à son image de ville à la campagne. La plaine des Closeaux, zone de transition entre coteaux et Seine, est un immense espace à la disposition des promeneurs. Celle-ci a gardé la trace des nombreux clubs de loisirs privés. Leur présence ravive chez certains participants le souvenir nostalgique de parties de tennis ou d’après-midi insouciantes passées sur le rebord de la piscine. En cheminant dans cet entrelacs de prairies, difficile d’imaginer qu’en dessous grondent voitures et camions qui empruntent le tunnel assurant la jonction entre les autoroutes A13 et A 86.

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La passerelle des Gallicourts relie cette agréable trame verte aux coteaux. Un mur d’enceinte à demi grillagé laisse entrevoir, entourée d’arbres centenaires, la résidence de la Petite Malmaison. Pour assouvir sa passion de botaniste, la première impératrice convertit en serres une partie de cette bâtisse. Embellir ses demeures par l’art, la mode et surtout les jardins, tels furent le désir et l’œuvre de Joséphine. Belle, intrigante, elle eut autant de vies que de prénoms. Née Marie-Josèphe mais appelée Rose, après son veuvage d’Alexandre de Beauharnais Bonaparte l’épouse et la surnomme Joséphine. Leur vie de couple est passionnée et tumultueuse. Elle ose tout y compris l’infidélité. Mais la passion et l’admiration que se porte le couple dureront toute leur vie. Napoléon la veut impératrice. Avec habilité et l’audace qui la caractérise, elle obtient même du peintre David que le célèbre tableau du sacre représente son propre couronnement. Elle ne peut donner d’enfant à l’empereur. Il est contraint de la répudier. Divorcée, Joséphine s’installe définitivement au domaine de la Malmaison où elle impose la marque de sa personnalité. En 1814, Napoléon vient d’abdiquer. Elle organise une soirée en l’honneur du tsar de Russie et lui montre ses chères plantes. Elle prend froid et meurt le 29 mai, le tsar à son chevet.

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Traditionnellement on parle du bois de Saint-Cucufa mais l’O.N.F l’a rebaptisé Forêt domaniale de la Malmaison. Ce petit bois de «derrière chez nous» est aussi un poumon vert partagé par cinq communes de l’ouest parisien. Il se divise en allées et contre-allées. C’est par la plus pentue et la plus boueuse de ses sentes que l’on atteint son faîte, le long de la bordure de la Jonchère.

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Le bois est bien entretenu, les branches et troncs coupés soigneusement couchés. Le relief entaillé par un profond talweg donne de la perspective. La forêt toujours belle, se drape dans son élégance mais, saison morte oblige, manque de saveur et d’odeur. Un frôlement dans le bas du feuillage retient soudain l’écoute. Ce n’est qu’un vif écureuil brun qui grimpe sur un arbre et disparaît tout aussitôt. A la lisière des habitations, un petit groupe d’écolières, teint d’hosties et cartables sur le dos, attend que l’on vienne les chercher. Elles sortent du huppé collège Madeleine Daniélou. Francis, fin connaisseur de la sociologie de sa ville, précise en souriant que par ici il est assez courant d’attraper les seize de moyenne. Cette institution ainsi que son proche voisin, le lycée de Passy-Buzenval, sont des établissements scolaires réputés à fort taux potentiel mais aussi à forts frais de scolarité.

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Leur position géographique annonce le Rueil très chic, celui qui descend de Saint-Cucufa pour rejoindre le parc de la Malmaison. Dans les petites rues, des maisons modernes d’architecte, toutes baignées de lumière, rivalisent avec des villas plus traditionnelles. Pour ceux qui en ont les moyens, à condition de ne pas être trop exigeant sur les transports en commun, le quartier offre à ses résidents tout ce qui il faut pour bien élever sa famille.

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Devant la grille d’entrée de la Malmaison, comme magnétisés par le lieu, André et Guy discourent sans fin sur le récit Napoléonien. Ils évoquent en aparté quelques particularités intimistes de ce qu’on appelle vulgairement la «petite histoire». Des anecdotes légères que l’on échange généralement à voix basse entre amis ou quand les enfants sont couchés

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Le parc de Bois Préau relie la Malmaison au centre de la ville. Joséphine désira très longtemps annexer cette propriété voisine de la sienne, pourvue d’un château et d’un parc aux essences rares. Bien que divorcée, elle n’hésita pas à faire financer l’achat par l’empereur. Par statue interposée, elle accueille maintenant les visiteurs qui, comme elle, souhaitent profiter de la beauté du lieu.

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Le centre-ville de Rueil, bien plus joli que l’image dont Françoise avait la perception, a presque l’allure d’un village provençal. Elle devine que, dès qu’un rayon de soleil s’y manifeste, avec ses cafés-terrasses ouverts sur la place centrale, il doit être bien agréable d’y faire une pause. Comme aujourd’hui le temps ne s’y prête guère, elle convient de ne pas omettre d’y revenir.

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Sur le chemin de la gare, en relation sans doute avec l’évocation permanente de l’héroïne du jour, le refrain de la chanson «Osez, Joséphine», trotte en boucle dans la tête de Martine.

Dans ce texte, son interprète Alain Bashung invite sa Joséphine à lui, à ne pas trop résister à la douceur des choses. Voilà une bonne question ! Faut-il vraiment négliger les petits bonheurs quotidiens ? Pour le plaisir, Martine réclame l’indulgence !

ci-dessous vidéo de la chanson "Osez Joséphine"

Gare Rer de Reuil-Malmaison (92500), Bld des Coteaux, la plaine des Closeaux, l’ancien club-house B.P, le vallon des Gallicourts, le chemin des Gallicourts, le chemin des Hauts Benards, le bois de Saint-Cucufa, le lac, la route de Longboyau, la rue des Sorins, rue C. Floquet, le haut du parc du Bois Préau, la Malmaison, le bas du Bois Préau, Rueil-Centre, retour vers la Gare

Le parcours du vendredi 12 février

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