201412 le calendrier de l'avent

Publié le par club rando

Dès la sortie du métro Lamarck-Caulaincourt, malgré une douceur inhabituelle pour ce 18 décembre,  pas question d’échapper à Noël. Toutes les vitrines ont décoré leur devanture. Des serpentins bleutés et scintillants enlacent fougueusement les acacias qui bordent le trottoir. La  vitrine du tabac-papeterie présente des calendriers de l’avent qui n’ont plus rien de religieux. Ils sont proposés comme mise en bouche dans l’attente des gros cadeaux à venir. De l’autre côté de son comptoir, une vendeuse de boulangerie, pelle à gâteaux à la main, aligne  précautionneusement des tartes sur un carton plat. Ce coin du dix-huitième regorge de jolis commerces de bouche. C’est curieux comme une brioche pour le thé,  un gigot de pré-salé ou une bouteille de Viré-Clessé arrivent à imprimer la couleur d’un quartier.

mont1b

Comme un rappel à la "complainte de la butte", en  haut de la rue Saint -Vincent, deux jeunes touristes japonais ont pris la pose "du poète et de son inconnue" pour s’abandonner non plus aux baisers mais aux photos. Les escaliers commencent leur ascension dès la rue Custine.  Ils sont raides et durs aux essoufflés.

mont 1a

Un crochet sur la gauche permet de rejoindre le haut de la rue Lamarck qui donne l’impression de se précipiter dans le vide après le tournant. Le restaurant "le Clocher de Montmartre" a privatisé sa salle pour nous accueillir. Des toiles de Jouy encadrés sur des murs gris, un sol damé en noir et blanc, de grandes tables laquées et des chaises colorées révèlent un espace moderne et esthétique. Cet endroit épuré et dépouillé nous convient.

mont 2

C’est ici que se célèbre la fin de l’année et va être scellé le destin du programme à venir. Avant que débute la réunion les membres du groupe dissertent à l’envi. Les fenêtres du restaurant dominent les toits des immeubles en contrebas. Des volutes de fumée trahissent les rejets d’une cheminée domestique dans le voisinage. Certains les remarquent et s’en amusent. Selon quelques froissés de derrière les fagots* la contemplation mélancolique des flammes aurait du se ranger au souvenir d’un plaisir illicite pour Paris

mont 3

La présentation va commencer. Les hommes incitent leurs épouses à prendre place en libérant l’espace. Ils repoussent les tables dans un élan qui leur redonne un semblant de souplesse. Dans un brouhaha qui commence à perdre de son intensité, les conversations s’interrompent peu à peu. Les femmes se chargent de rappeler à l’ordre d’incorrigibles bavards

mont 4

L’animateur prend la parole. Sans posture spectaculaire, il égrène ses choix avec une conviction convenue. Il a pris le pari de rester léger avec les mots pour que ses propositions s’interprètent dans le possible et l’acceptable. Comme dans le calendrier de l’avent, l’orateur instaure une sorte de rituel qui canalise l’enchaînement des sorties. L’ouverture répétée de chacune de ses vingt petites fenêtres interroge l’auditoire et lui permet de suspendre ses attentes. Il n'y aura pas de trêve car le retour sur les chemins est annoncé dès les premiers jours de l'année. Après tout, l'hiver commence bien le jour où le soleil renaît de ses cendres et prépare l’espérance.
L’orateur n’a pas débordé du temps imparti. Les convives, calés dans cet intervalle entre présent et futur, peuvent alors décroiser les jambes, s’étirer et donner enfin leurs impressions.

mont 5

La salle pressent un aval engageant qui paraît lui convenir. Des sensations nouvelles la traversent. Pourtant elle résiste à la tentation de céder aussi vite. Elle simule la bonhommie mais réservera son appréciation à plus tard, dans la vérité du terrain. Pour l’instant elle accorde toute son attention à Marc, tout nouvel intervenant, venu la séduire avec d’autres tentations plus culturelles.

mont 6

Et voilà, à l’heure dite, le rite consacré s’est à nouveau accompli ! Avec toujours cette complicité sans chiqué qui relie tous les membres au plaisir de se retrouver pour la dernière fois de l’année. Un goût de sauce à l’aneth embaume la pièce. Le déjeuner est prêt. Il sera excellent.


Un participant n’a pu vraiment l’apprécier à cause d'un départ précipité pour une assemblée concurrente. En le remerciant pour l’effort et la gentillesse de sa présence, on remarque qu’il se coiffe d’une élégante casquette. Il l’explique :

Une casquette c’est simple, c’est chic, c’est coquet. Un chapeau, c’est moins pratique et incertain pour la date !

 

*jolie expression empruntée à la billettiste G.Jungersen

 

 

 La journée du 18 décembre  était consacrée à la présentation de l’activité 2015. Cette réunion s’est tenue au restaurant le Clocher de Montmartre 10 rue Lamarck 75018 

Commenter cet article