Le café gourmand

Publié le par club rando

ouen 9Le destin bien singulier de Blanche de Castille n’a tenu qu’à… son prénom. Aliénor d’Aquitaine, vieillissante, désire sceller la paix entre la France et l’Angleterre. Elle décide de faire épouser une de ses petites filles au prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste. L’infante choisie, fille du roi de Castille, a toutes les qualités requises sauf son prénom, Urraca, qui signifie "la pie". Il déroute et déplaît à la future belle famille. L’opiniâtre Aliénor propose en échange sa sœur cadette,  tout juste âgée de 12 ans, mais qui répond  au doux prénom de Bianca. C’est ainsi que le lundi 22 mai 1200,  à Port-Mort, tout près de Vernon, alors terre anglaise, Blanche de Castille s’unit au futur roi Louis VIII. Femme de caractère, elle ne ménagea pas son soutien à son époux puis à son fils. Elle fut célébrée autant pour sa piété que pour sa grande beauté. Elle surmonta les félonies et intrigues des grands seigneurs qui mettent même en doute sa vertu. Et fit construire des abbayes dont celle de Maubuisson, en face de Pontoise, où elle mourut à l’âge de 64 ans. Le 27 novembre 1252, revêtue de la simple robe de bure des moniales et déposée sur la paille de leurs litières, Blanche récita la prière des morts, ne garda aucun péché puis s’éteignit paisiblement à trois heures de l’après-midi.

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L’épisode du mariage et de sa conséquence immédiate, le traité du Goulet qui rattacha le Vexin à la France, éveille particulièrement l’intérêt de Bernard, en tant que citoyen de Gaillon. Avec ses 23 camarades, il ne voyait dans cette balade autour de Saint-Ouen-l’Aumône (95310) que l’occasion d’une flânerie volée aux cieux tourmentés de fin janvier. Et voici que dès les premiers pas son esprit vagabonde déjà sur des traces historiques de ses repères spatiaux.

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C’est une vraie journée d’hiver et la froidure et les rasades de pluies rappellent qu’on est bien  en janvier. Sous les quais, face à Pontoise, le gris-vert de la rivière prolonge l’image en y accentuant les sensations humides. Les conversations sont brèves, les pas pressés, les mains bien au chaud, enfoncées dans les poches des anoraks. Passé le pont, l’ancien chemin de halage, devenu une élégante passerelle, propose une agréable promenade avec ses berges aménagées. Des arbres dénudés l’habillent et dessinent sa continuité vers le lointain.

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L’église du centre-ville a succédé à une chapelle bâtie au 7 °siècle pour commémorer le passage du cortège funéraire de l’évêque de Rouen, Saint Ouen. Elle abritât sans doute une de ses reliques. Selon une tradition locale, le nom de l’Aumône viendrait, lui, d’une maison d’aumône hébergeant des personnes à faibles ressources fondée dans le quartier par Saint-Louis. La chaussée Jules-César traverse la cité par un petit bois puis conduit au travers d’une zone pavillonnaire vers les anciennes limites de la ville. Elle disparaît d’un coup, engloutie dans une périphérie infestée de panneaux publicitaires, de rocades récentes et de concessions automobiles. On dirait qu’une énergie destructrice a envahi l’endroit, mité par cet étalement commercial sans limite.

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L’agglomération nouvelle de Liesse fait la transition avec ce monde aspirant un flot ininterrompu de véhicules et le retour à la nature. Celle-ci renaît le long d’une coulée verte, aménagée sur plus de 4 kilomètres dans une petite trouée créée par le ru de Maubuisson. Cette promenade emprunte des sentiers paysagers et des espaces naturels appréciés pour leur intérêt floristique. De nombreux étangs agrémentent le parcours. Des zones humides voisines offrent une végétation de saules, aulnes et roselières qui trouvent un terrain favorable à leur épanouissement.

La pluie avait jusqu’alors accordé de larges instants de répit. Mais le ciel se drape soudainement de noir et les nuages pesants libèrent des flocons neigeux inattendus qui virevoltent en bourrasque.

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Ce matin la météo annonçait une matinée de transition mais le temps se joue des prévisions. Le temps se moque aussi du désir d’apprécier la beauté de l’endroit. La neige n’a cure des humeurs maussades et tente désespérément d’habiller de blanc pelouses et taillis. La visite de l’abbaye de Maubuisson en sera quelque peu sacrifiée.

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Tout juste le temps d’apprendre que Blanche de Castille sanctifie cet endroit malfamé en installant un groupe de moniales issue de l’ordre de Cîteaux,  que Philippe le Bel y ourdit son complot contre les Templiers et que sœur Angélique Arnaud vint de Port-Royal pour combattre des mœurs trop dissolues. L’édifice, abandonné après la Révolution a été restauré depuis 10 ans par le Conseil Général du Val d’Oise qui l’a transformé en lieu d’expositions.

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Le restaurant du Golf tout proche vient d’ouvrir ses portes. Le groupe s’y engouffre sans retenue. Le dessert proposait un café gourmand. Aucune morale diététique, aucune réticence esthétique n’ont su résister à cette gourmandise étalée devant chaque convive. L’amertume du café ne sert que d’alibi. Le petit gâteau mousseux et la verrine glacée qui l’accompagnent sont la véritable raison du choix. Chacun consomme cette douceur chocolatée jusqu’à la dernière cuillère, presque celle du péché.

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Sources historiques :  blogs chrisagde.free.fr et herodote.net

 

Le Parcours

Stade R. Couderc à Sain-Ouen-l’A, Quai de Halage, Quai de l’Ecluse, Rue S. Allende, Eglise de Saint-Ouen, le Parc, Chaussée J-César, Rue L.Delage, D 14, Gare Rer de Liesse, Bassin B. de Castille, La coulée verte, l’Abbaye de Maubuisson, Allée de l’Abbaye.

 

 

 

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