2015a Les forges catalanes

Publié par club rando

Le Vendredi 15 Mai 2015, dans le cadre d’une semaine de randos programmée autour de CERET, nous avons marché autour du joli village de SAINT-LAURENT-de- CERDANS, situé près de la frontière espagnole, au milieu des contreforts pyrénéens.

En lisant quelques pages d’un petit livre écrit par un ancien habitant de ce village (Jean SAQUE), nous avons découvert l’existence d’usines métallurgiques, au XIXème siècle, dans cette région aujourd’hui très verte et rurale (même si subsistent encore une manufacture de toile, très réputée et un atelier de production d’espadrilles)….

2015a Les forges catalanes

Sous le Restauration et la Monarchie de juillet, le minerai de fer était transformé dans dix-huit forges régionales. Ces forges étaient réparties dans le VALLESPIR et le CONFLENT. ( régions situées dans les Pyr. Orientales) La première moitié du XIXème siècle leur fut favorable et leur production passa de 1 200 tonnes en 1819 à 2 830 tonnes en 1 839. Un rapport de l’année 1 812 indique que leur production était surtout utilisée pour la fabrication d’outils agricoles, de jantes de charrettes, de ferrement de chevaux, grillages et serrurerie.

Les forges du département des Pyrénées-Orientales sont connues sous le nom de Forges Catalanes.

2015a Les forges catalanes

Dix-huit de ces usines faisaient fondre le minerai de fer, exploité, à l’époque, sur les flancs du CANIGOU, à l’aide des bois des montagnes régionales.Les premières qualités de fer ont été fabriquées à VELMANYA, THUES et SAHORRE.

Les forges de l’arrondissement de CERET ainsi que celle de VELMANYA étaient plus petites que celles du reste du département. Ces forges de la région de CERET faisaient six « feux » (six coulées) toutes les vingt-quatre heures et donnaient quatre-vingt quatre kilogrammes de fer (en réalité, un acier très doux et ductile) par coulée. Elles utilisaient deux cent cinquante kilogrammes de charbon (qui avait progressivement remplacé le charbon de bois), par coulée.

Les forges de la région de CERET utilisaient le minerai de fer exploité dans les mines de LAPINOUSE, des INDES et de LAS CANALS. L’extraction et le transport étaient fort coûteux.

2015a Les forges catalanes

Les procédés pour extraire le fer étaient les mêmes dans toute la région : on grillait d’abord le minerai, avec des modalités variant selon la richesse en fer de celui-ci. Certaines grosses forges préféraient écraser au marteau-pilon le minerai, avant chauffage et fusion, ce qui permettait de réduire la durée de l’opération de grillage.

Le grillage s’effectuait dans des enceintes en maçonnerie : un premier lit de bois, sur lequel on élevait des couches alternatives de minerai et de charbon.

Après grillage, le minerai était pilé et criblé : les gros morceaux étaient placés, avec une certaine quantité de charbon, dans un bas fourneau, en ayant soin de mettre le charbon entre le minerai et le « vent » (air soufflé). L’ensemble était chauffé entre quatre et six heures. De temps en temps, on enlevait les scories par un trou pratiqué dans le bas du fourneau.

Après chauffage, on enlevait du creuset une grosse loupe de fer qu’on appelait « masset ». On la déposait sur le sol de la forge ; ensuite, on la plaçait sur l’enclume après avoir pris soin de lever le gros marteau à sa plus grande hauteur. On mettait ensuite en marche ce marteau par le moyen d’un courant d’eau. Il frappait le « masset » faiblement d’abord puis, de plus en plus fort. A force de frapper, le marteau égalisait et diminuait la hauteur de ce « masset ». La frappe s’effectuait jusqu’à ce que le « masset » soit réduit à la forme d’un gâteau. On le coupait alors en deux ou quatre morceaux, suivant son volume à l’aide d’un ciseau. Les morceaux ainsi formés et réchauffés étaient, à nouveau, martelés et façonnés en forme de carré long….

2015a Les forges catalanes

Les mineurs et les forgerons avaient une nourriture plus recherchée que les travailleurs agricoles : viande de boucherie tous les jours, vin à discrétion et pain au froment !!

Jean-Claude C.

21 Mai 2015