201001 une maille à l'endroit, une maille à l'envers
Coquette ou plutôt laborieuse? La madone de l'Église St Pierre et St Paul d'Orgeval est bien étonnante. En effet ce vitrail d'une grande rareté montre l'image d'une vierge en train de tricoter.
C'est sur cette vision singulière que se termine le show de Fabienne Duval, pétulante et jeune octogénaire, accessoirement conseillère historique, qui conclut notre visite de l'église.
deux jeunes orgevalaises
Insolite cette représentation mariale ? Pas si sûr ! Le tricot serait une invention des Arabes qui l'auraient transmise à l'Europe, via l'Espagne, au haut moyen-âge. A cette époque le tricot concerne le sacré, que ce soit dans l'art ou dans la réalisation d'accessoires, avant de devenir par la suite une activité commerciale. Dès le 14° siècle des peintures ou des vitraux illustrent cette technique dont la fameuse représentation en bois doré de la Madone au Tricotpar maître Bertram de Mindem, oeuvre toujours visible au musée de Hambourg.
Revenons au récit et précisons que cette parenthèse culturelle nous a été offerte par Annie et Alain, aidé par leur ami Philippe, en charge d'organiser cette journée dans leurs terres d'Orgeval.
une partie du groupe prêt au départ
Le mot Orgeval, d'origine celtique, signifie rivière dans la vallée. Cette localité a surtout été connue pour son abbaye d'Abbecourt qui fut détruite au 19° siècle. Son blason, omniprésent, s'inspire de cette filiation puisqu'il reprend celui de l'ancienne abbaye et représente un aigle déployé à la queue en faisceau de plumes décoratif.

Dés la sortie du village la marche s'engage sur une couronne boisée qui monte en paliers jusqu'au plateau qui relie Ste Gemme aux Alluets
Ce site encadre un vallon au fond duquel se trouve une zone humide naturelle parsemée de petits étangs, derniers témoins du réseau hydraulique qui convergait vers l'ancienne abbaye. L'étang principal, d'une surface d'un hectare est encore gelé lors de notre passage, mais son épaisseur de glace est insuffisante pour le transformer en patinoire.
Aujourd'hui les autres promeneurs sont absents, à part un sympathique chasseur qui gère avec sagesse les arrêts de suspension cynégétiques dûs aux grands froids précédents.
On remonte, avec quelques passages glissants, sur le coté opposé pour atteindre le plateau.
La neige vient tout juste de fondre sur les cultures précoces de blé ou autres céréales. S'envolent devant nous quelques grives à bec jaune, délogées par nos pas des herbes rases qui les réchauffaient. On commence l'itinéraire de retour par la reprise des bois au travers de divers sentiers dont le dernier s'arrête à l'improviste. Un petit passage scabreux nous permet de retrouver le chemin des Poux qui repique direct sur le village.
Il ne nous reste plus qu'à nous réchauffer autour du repas préparé par une autre Annie, dans les lieux même tenus il y a plus d'un siècle par la famille Chartier. C'est en effet à la fin du 19° siècle que Frédéric Chartier quitta son auberge d'Orgeval pour créer à Paris les Bouillons Chartier, établissements qui proposaient des consommés à base de viande et de bouillons.
Fortune faite, il revint à ses origines pour fonder le Moulin d'Orgeval, belle adresse prestigieuse qui existe toujours.
Ce n'est pas le moulin, mais l'ambiance y est meilleure