201106 "Quiet day in Rosny"
Tout mettre en place avant son départ pour une ou plusieurs destinations estivales. Chacun d'entre nous s'efforce de répondre à cette bonne résolution pour que ses bagages ne soient alourdis de remords superflus. Et surtout, ne pas oublier les rendez vous pourtant programmés depuis le début de l'année.
Mais la convocation à la balade du 24 juin n'a été pour beaucoup qu'un chantier remis à plus tard puisque c'est un petit groupe restreint de marcheurs qui se dirige vers le lieu de rencontre.
Pourtant la météo sera complaisante aujourd'hui, du moins c'est ce qu'ont annoncé toutes les radio matinales.
Normal, en ce jour de la Saint Jean si proche du solstice d'été. Et comme nous n'avons ni chanté ni dansé la nuit précédente autour du feu purificateur, toute notre énergie résiduelle est prête à s'exprimer dans cette balade au dessus de Rosny sur Seine (78).
L'indication de la température extérieure tempère l'enthousiasme. Certes le ciel est bleu, mais le vent frisquet qui nous enveloppe révèle que les masses d'air chaud attendues ont préféré se positionner pour l'instant à des latitudes plus au sud.
Nous garons les véhicules dans un hameau joliment appelé "la Belle Côte " du fait de sa position dominante et débutons aussitôt notre périple.
Le projet est de suivre le circuit de la vallée de la Taupe, petit rû insignifiant, mais qui a le privilège de se jeter directement dans la Seine en contrebas. Nous descendons un chemin creux qui oscille entre bordure de champs et taillis profonds. Le bruit sec des claquements d'ailes de pigeons ramiers nous surprend, furieux d'être dérangés dans les champs de colza séchés oû ils trouvaient refuge.
Le hameau d'Apremont, blotti autour de son manoir du seizième, a déjà des allures de bourg normand.
Un chercheur de girolles nous salue respectueusement, mais reste étonnamment discret sur son activité matinale. Il y a des sujets qui ne se partagent pas. Une belle route empierrée remonte doucement vers la plaine céréalière du sud mantois. De temps à autres des plaques écarlates de coquelicots s'étalent près des champs de blés murs.
Rouge, Rouge, Rouge
Le coquelicot près du talus
Mais si vous le cueillez
Alors il va vite faner
Le circuit se poursuit dans une plaine où les champs patientent dans l'attente de la moisson. Au hameau des Gâts, le chemin longe une voie ferrée, la franchit pour atteindre le village de Boissy-Mauvoisin. Puis il s'incurve vers le nord jusqu'au hameau du Poirier-Godard, aux cerisiers chargés de Montmorency acides. Huit cents mètres après, changement de décor puisqu'on pénètre dans le massif forestier de Rosny. Auprès d'une mare, à demi-vaseuse, un trio de grenouille prend son bain, indiffèrent à notre présence. Il nous incite, pourtant, à y faire halte repas.
Le chemin continue en futaies mais se rapproche souvent de la lisière des champs. Des dénivelés permettent d'apercevoir, au loin, les installations de stockage souterrain de gaz d'Illiers la Ville. C'est le plus grand centre d'approvisionnement de la région parisienne.
Le sentier emprunte un court moment un profil de montagnes russes.
Le sable se mélange souvent à une terre plus brune. Le chemin est généralement sec et praticable sauf à quelques endroits où une boue persistante conduit à esquisser des pas de "jeté" dignes de la danse classique.
Le bois exhale la fraîcheur mais protège du vent fripon toujours persistant. Dans la forêt, difficile de trouver un repère, mais il nous faut prendre une décision, à savoir quitter le chemin balisé pour revenir au plus court vers le point de départ. Est ce l'itinéraire qui nous conduira à bon port ? Au bout de trois minutes, la réponse s'avère positive puisqu'on aperçoit la ferme des huit routes entourée de champs de blés murs, seul espace de cultures isolé dans cet océan d'arbres.
Par l'Allée Dauphine qui donne de larges perspectives sur l'espace forestier le groupe se hâte avec lenteur pour conclure la balade. La chaleur, à cet instant, est devenue agréable et digne de la saison.
Sans soucis d'être inspiré ou inspirant, on s'échange les projets à venir et les dates des prochaines rencontres.
Il reste tellement de territoire à défricher !