201201 Mou ! Une accusation qui fait mal
Une des particularités de la campagne politique actuelle est d'activer l'antagonisme existant entre les durs et les mous. Pour déstabiliser son opposant, il suffit de lui assener quelques petites phrases assassines qui l'affaiblissent en le traitant de mou.
En ce premier vendredi de l'année, en répondant à l'invitation d'Annick, fille du crû, la seule fermeté que voulaient jauger les vingt six randonneurs présents était seulement celle de leurs cuisses et de leurs mollets.
La journée est belle, c'est chanceux, car ce n'est qu'une éclaircie dans une succession de dépressions déprimantes et pluvieuses. Les premiers pas dans les bois de la Seigneurie l'affirment sans ambiguïté : les sols sont lourds, épais et boueux. Les randonneurs abandonnent vite ce côteau humide pour se réfugier sur le vallon opposé, inondé de lumière.
Devant l'église de Saint Prix le panorama est époustouflant puisque la vue embrasse toute l'agglomération parisienne selon un axe nord-sud. On distingue au loin, derrière la tour Montparnasse, les hauteurs d'Arcueil et Villejuif. Pas la peine de s'attarder sur les banquettes rouges de la coquette Hostellerie du Prieuré puisqu'elle est fermée. Nous ne sommes pas ici pour ça mais pour pénétrer ,un peu plus haut, dans la forêt proprement dite. Elle a été baptisée par certains auteurs " le petit jura suisse" en raison de son relief valloné.
Sous l'effet d'une légère brise, les arbres semblent parler aux oiseaux juchés sur leur faîte. S'interrogent-ils, comme nous, sur la clémence inattendue de ce début d'hiver ? Là aussi la douceur des températures est condamnable pour la nature qui se trouve en total décalage avec le rythme solaire de la saison.
Nous retrouvons une des allées centrales qui nous conduit vers l'étrange Château de la Chasse. Ce batiment, vestige d'un logis quadrangulaire, est flanqué de quatre tours rondes dérasées. Il se trouve à la place d'une ancienne forteresse médiévale datant du duché de Montmorency. Le site vient d'être réaménagé, notamment les chemins entourant l'étang qui le jouxte.
Ils nous ramènent vers le point de départ et nos véhicules qui nous attendent pour aller déjeuner plus loin à l'aéroport de Moisselles. Là bas, il sera encore largement temps de nous souhaiter les voeux collectifs, qui pourraient s'inspirer des écrits de La Reyniere : "De l'énergie pour la marche, du souffle dans les bronches, de la grâce dans la manière et de l'agrément dans l'esprit !"