20090 Bretons ou Gallos ?
Ce n'est pourtant pas pour animer un atelier de toponymie que nous étions en Bretagne du 2 au 4 avril mais bien pour vivre abondamment 3 journées de randos.
Résolvons d'abord une nterrogation locale ! Le mot locatif breton "port", identifiant d'un lieu, s'écrit en fait soit avec un s soit avec un h final. Il désigne souvent une ferme isolée répertoriée par le qualificatif de son premier occupant. Si je cite cet épisode, c'est uniquement pour souligner que les plus bretonnants du groupe furent incapables de résoudre cet exercice de sémantique, puisque figurez vous, ils ne parlaient que le Gallo !.
Là, je sens que vous collez ! alors un petit rappel historique: La langue bretonne celtique n'apparut en fait qu'au 4° siecle, apportée par des immigrants de "l'ile de Bretagne" (aujourdh'ui la Grande Bretagne) chassés par les Pictes et les Saxons. Ils s'installérent en Armorique surtout au nord, centre et ouest. Dans les parties sud et orientale de la péninsule demeuraient des peuplades gallo-romaine parlant une langue d'oil romane qui s'est transformée ensuite en dialecte dit Gallo. Ces deux identifications linguistiques restent toujours permanentes en Bretagne.
Rencontre du 3° type entre deux gallos et une celte
Revenons au motif de notre venue en ces lieux : La découverte du Lac de Guerledan. Ce lac, qui en breton veut dire "large ruisseau", forme la limite entre les Côtes d'Armor et le Morbihan. Niché entre les communes de Goarec et de Mur de Bretagne, il s'étale sur 12 kms, couvre 400 hectares et dépasse 45 mètres de profondeur. La construction de son barrage, entre 1923 et 1930, a coupé la continuité du trafic fluvial sur le canal de Nantes à Brest, qui n'est autre que la rivière Blavet canalisée.
Le lac en majesté
Le départ de la première balade était situé en amont du lac sur le territoire de Saint Gelven, précisément à l'abbaye de Bon Repos. Cet abbaye, fondée au 12° siecle par les Cisterciens, tombée en ruines puis réhabilitée depuis 20 ans est actuellement un espace muséographique animé par des sons et lumieres. Difficile de venir à bout des 3000 hectares de forêts qui l'entourent (Quénecan), pris d'abord à revers par le chemin de halage du canal de Nantes à Brest, puis traversés par des saignées rectilignes et quelquefois épuisantes.
C'est pour nous une belle mise en jambes pour le lendemain.
Le long du Blavet
Nous voici déja au deuxième jour, enveloppés au départ par un brouillard qui paressait un peu pour céder sa place au soleil. Le but est, à partir du village de Saint Aignan, d'emprunter le circuit des rives sud. L'arrivée vers le lac procède de la surprise puisque nous traversons d'abord un paysage bocager profondément vallonné qui débouche d'un coup par une saillie brutale dans l'anse de Sorlan. Là, nous sommes littéralement chez Merlin l'enchanteur, au propre comme au figuré, car c'est le nom d'un café qui nous reçoit un moment dans une ambiance raffinée et plutot branchée.
C'est pas mal.. chez Merlin
On remonte ensuite sur les hauteurs qui bordent le lac, dans une harmonie où les éclats dorés des ajoncs reflètent les rayons du soleil pour arriver en bout de parcours à la chapelle Sainte Trephine consacrée à la 5° femme de Kenomor,un barbe-bleue breton.
Puis descente sur le barrage et retour aux voitures, 22 kilomètres sous nos semelles.
Marche au milieu des ajoncs d'or
La pluie de la nuit n'était pas encore totalement dissipée lorsque nous débutons la troisième balade, dite de la rive nord. Le circuit part de la localité de Caurel, descend vers les zones de vacances et suit tous les méandres et contours des rives.
On peut être gamines à tous ages
Débute ensuite la traversée du bois de Caurel, avec ses zones de pâture, ses sapinières touffues, ses anciens puits ardoisiers, et surtout sa partie côtière aux fausses allures de rias bigoudennes qui n'en finit pas de monter et descendre pour nous livrer ses plus beaux points de vue sur le lac. Nous rejoignons enfin le village par une ancienne voie ferrée transformée en sente pédestre. C'est bon.... les objectifs des trois jours ont été tenus.. On peut se quitter avec le sentiment du devoir accompli
La France rurale ne manque pas de bras